Réflexions

Après plusieurs semaines à discuter des clichés sur la pauvreté, voici notre opinion personnelle sur le sujet.

La fin des clichés: le début d’une solution

Le but de ce blogue est de mettre en lumière les clichés sur la pauvreté qui sont véhiculés jour après jour dans notre société. La pauvreté extrême est souvent présentée simplement pour tenter de sensibiliser la population et obtenir de l’aide financière. Pourtant, nous avons pu voir combien la pauvreté peut prendre différentes formes. Elle se retrouve autant en milieu urbain que rural, dans les pays industrialisés et dans les pays en développement. Qu’il nous arrive de côtoyer la pauvreté, de la vivre ou juste de savoir qu’elle existe ne nous fait pas comprendre le phénomène de la même façon. Dans ce blogue, nous avons bien sur abordé le sujet avec nos propres croyances et notre vécu, mais avec un souci de vérité par des recherches afin de se détacher de ces clichés que nous avons déjà pu croire à un moment ou à un autre.

Pourquoi est-il si important de se défaire des clichés sur la pauvreté? Nous avons vu que plus souvent qu’autrement, ils apparaissent comme un incitatif à donner lorsque les ONG jouent sur la sensibilité des gens. Les dangers des clichés sont de ne justement pas voir les vrais besoins et de ne pas arriver aux bonnes solutions. Si on ne voit que la pauvreté en Afrique, on est moins porté à agir ici. Si on croit que la pauvreté est liée à la paresse, on ne veut pas aider du tout! Les pauvres gèrent mal leur budget? Ne leur donnons pas davantage d’argent! Et pourquoi en fait la solution à la pauvreté serait-elle de donner de l’argent? Comme les enfants qui croient que nous devrions imprimer plus d’argent si certains en manquent, les clichés déforment la réalité et nuisent à la recherche de solutions. Ils classent souvent les gens dans des petites cases et ne fait pas d’exception. En effet, cette tendance à la généralisation qui semble innée chez l’homme peut amener une tentative de solution unique pour un problème beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Comme nous avons pu le lire dans les différents billets, plus que de ne pas aider, les clichés ostracisent les pauvres, les isolent et les empêchent de s’en sortir par eux même. Ils créent les cercles vicieux qui sont si difficiles à défaire : celui de la pauvreté, celui de l’exclusion sociale ou celui de la détresse psychologique et des maladies mentales.

Après avoir identifié ces clichés et avoir voulu les démentir, nous pouvons en tirer des enseignements. Il faut arrêter de voir les gens pauvres comme un groupe à part. Tout le monde à un moment ou à un autre de sa vie pourrait être confronté à la pauvreté. Ce n’est pas un état individuel qui va au mérite. À mon sens, il faut comprendre la pauvreté comme un ensemble de phénomènes et de choix de société. Dans un système d’utilisateur-payeur où une population ne veut pas investir dans les filets sociaux et laisse chacun dans sa misère sans possibilité de soutien, on ne peut que voir la pauvreté devenir plus présente ou plus profonde. Tenter d’enrayer la pauvreté, ce n’est pas de donner plus d’argent aux personnes pauvres, c’est d’offrir les moyens de se sentir comme un membre à part entière dans la société pour avancer. Ce processus peut d’abord commencer par la fin des clichés sur la pauvreté.

Amélie

Les pays en développement

Les populations des pays en développement (PED) sont souvent victimes de la pauvreté. Parfois, il s’agit des conséquences mêmes du pays, de son climat et de son environnement, qui plongent les populations dans cette situation critique. Parfois, ces nations subissent les soubresauts des éléments externes qui viennent perturber ou causer, les raisons pour lesquelles ces gens se retrouvent démunis et incapables de réagir.

Les pays occidentaux sont un des vecteurs de cette disette qui touchent les PED. Que ce soit alimentaire, économique ou social, les nations du nord et leurs gouvernements persécutent ces pays. De plus, certains d’entre eux auraient le pouvoir de faire renverser la vapeur en instaurant des politiques et des programmes d’entraide avec ces communautés du Sud et leur assurer un lendemain. Cependant, ils ne le font pas tous.

Quand on sait qu’une toute petite fraction des budgets militaires des pays riches pourrait abreuver des populations entières. Aujourd’hui, le commerce de l’eau n’est plus un sujet caché. Des profits démesurés se font sur le dos des démunis pendant que des multinationales font du droit fondamental de l’homme d’avoir accès à l’eau un commerce mondial. Maintenant cette ressource est cotée en bourse. Pourtant cette eau n’est pas inépuisable et elle va devenir un enjeu majeur de discorde.

L’appât du gain, le profit, la rémunération, etc. tous ces mots qui décrivent les fondements capitalistes de cette guerre perpétuelle qui engendre des compétions sans bornes à savoir qui aura la plus grosse part de cette planète. Il devient impératif de s’inquiéter de ces dérives qui amènent plusieurs nations au bord du ravin.

La population qu’elle soit du Sud ou du Nord devra se mobiliser pour revendiquer les droits de tout un chacun et proclamer tout haut qu’il est temps que le monde réagisse et se tourne vers une solution durable qui conduira les communautés vers un approvisionnement suffisant et sortira de la pauvreté tous ceux qui sont victimes de notre surconsommation!

 Cécilia

Les clichés évacuent la complexité

Les clichés ont des effets négatifs du fait qu’ils marginalisent les gens et découragent parfois l’action ou l’oriente dans une mauvaise direction. S’il y a souvent une part de vérité dans chaque cliché, les généralisations sont trop souvent faciles et peu adéquates. La pauvreté est un phénomène complexe et on tend souvent à le simplifier pour les faire entrer dans des catégories et ce, afin de trouver plus facilement des solutions, mais à trop vouloir expliquer les problèmes, d’autant plus lorsqu’on parle de problèmes complexes, les comprend-t-on vraiment?

Il y a des problèmes simples, linéaires et convergents avec une seule bonne réponse et des problèmes à l’opposé multidimensionnels avec de nombreuses solutions possibles. Or, la pauvreté est précisément un phénomène qui dépend d’une multitude de facteurs liés à l’environnement, aux personnes, etc. Le caractère unique de chaque situation est rarement mis de l’avant et l’image que nous avons de la pauvreté reflète surtout notre ignorance et nos préjugés.

Les problématiques liées à la pauvreté méritent sincèrement d’être vues comme un problème majeur de l’humanité dans son ensemble, tout en étant analysées et traitées dans leur unicité. «Résoudre un problème complexe, c’est un peu comme parcourir un labyrinthe : certaines voies amènent à des culs-de-sac. Il faut donc revenir en arrière et essayer une autre voie. Si l’on n’est pas attentif aux carrefours, si l’on ne note pas les nouvelles pistes qui s’ouvrent, le risque est grand de s’égarer.»[1] S’égarer, c’est ce que les politiques d’aide au développement on fait à plusieurs reprises et d’une certaine façon, elles continuent de la faire en tentant d’avoir UN modèle applicable à tous les pays. Les politiques d’aide publique au développement, souvent instrumentalisées par les pays riches en tant qu’outil de politique étrangère dans une optique de soft power, entretiennent un autre cliché majeur quant à la pauvreté : les pauvres sont incapables de s’en sortir seuls. C’est une image récurrente perpétuée entre autres par les médias.

«[L]e cliché du pauvre incapable de gérer son quotidien et qu’il faut mettre sous tutelle […] caractérise trop de politiques bien intentionnées de lutte contre la pauvreté partout dans le monde.»[2] On oublie trop souvent que « les plus pauvres sont pour la plupart des êtres rationnels qui cherchent un mieux-être. Et que ce mieux-être peut émerger d’un plaisir autre qu’un simple supplément calorique. Si elle disposait de plus d’argent, une famille marocaine affirme qu’elle achèterait plus à manger; l’enquêtrice demande alors pourquoi cette famille, qui ne bénéficie pas du minimum calorique, s’est procuré un poste TV, une antenne parabolique et un lecteur DVD: parce que la télévision est plus importante que le manger!»[3]

Cela nous ramène aux principes de pauvreté sociale et d’exclusion. Car la pauvreté ne se mesure pas seulement en pouvoir d’achat. La pauvreté sociale, c’est-à-dire « la solitude ou la fonte du lien social et de l’entraide», caractérise de plus en plus nos sociétés particulièrement dans les pays développés où l’entraide ne va plus de soi et la compassion est spontanée et vite consommée. Les pauvres sont donc ceux à qui on pense à l’approche des Fêtes avec la Guignolée, lorsque des ONG réussissent à se payer des campagnes publicitaires choc ou lorsqu’une catastrophe éclate. Mais la majorité du temps, l’exclusion, tant du système économique que de la vie sociale est le lot des pauvres. Cet état de vulnérabilité ne devrait pourtant pas nous amener à voir les pauvres comme des personnes qui ont besoin que les autres gèrent leur destin. En ce sens, il faut remettre la dignité humaine au centre de la lutte à la pauvreté, mettre des visages sur un phénomène sans oublier qu’il est complexe. Car les clichés éclipsent cet aspect crucial et emprisonnent les gens dans une logique de trouver des problèmes aux solutions[4] plutôt que l’inverse.

Judy

[1] http://web2.uqat.ca/profu/textes/strat_app/10resolution.htm
[2] http://www.domainepublic.ch/articles/17939
[3] http://www.inter-mondes.org/spip.php?article10
[4] Trouver des problèmes aux solutions, vingt ans d’aide au Sahel, Jean-David Naudet
Ed. OCDE-Club du Sahel, 341p.

Un besoin d’introspection

« Il était un roi d’Espagne qui s’enorgueillissait de son lignage, mais qui était aussi réputé pour sa cruauté envers les faibles gens. Un jour qu’il traversait en Aragon un champ avec son escorte -des années auparavant, son père était mort à cet endroit au cours d’une bataille -, il rencontra un saint homme qui remuait un énorme tas d’ossements.

-Que fais-tu ici? lui demanda le roi.

-Honneur à Votre Majesté, répondit le saint homme. Quand j’ai appris que le roi d’Espagne arrivait, j’ai décidé de recueillir les os de votre défunt père pour vous les remettre. Mais j’ai beau les chercher, je ne les trouve pas : ils sont semblables aux os des paysans, des pauvres, des mendiants et des esclaves. » —Paulo Coehlo-MAKTUB

Pour ma part, je me permets d’aborder un angle différent de mes collègues. Cet exercice de réflexion fut exigeant, déroutant, mais nécessaire. Et je crois que nous avons respecté notre mission à savoir : démontrer que les préjugés et les clichés que nous entretenons, individuellement et collectivement, envers les personnes pauvres et la pauvreté, sont de véritables entraves à la lutte contre la pauvreté. Ils n’améliorent en rien la situation. Au contraire, ils font obstacles à une certaine responsabilisation constructive, à l’émergence de nouvelles solutions et à une certaine cohésion sociale face aux investissements réels qu’engendre la lutte contre la pauvreté.

À mon sens, ce que nous pouvons retenir de l’exercice est qu’il est temps de revoir les rapports que nous entretenons réellement avec les pauvres et  la pauvreté. Il est temps de laisser tomber les préjugés qui nous empêchent de mettre nos priorités aux bonnes places et de nous engager sans compromis, individuellement et collectivement, dans une lutte contre la pauvreté repensée et adaptée.

Julianne

Se concentrer sur les solutions et l’éducation

Ce blog nous a tous permis d’en savoir plus sur la pauvreté.

J’ai compris que la pauvreté était beaucoup plus complexe que je ne le croyais, et ce ou que l’on soit dans le monde.En plus de cela, cela entraine d’autres problèmes, dont l’isolement, le mal-être.
J’ai aussi découvert plusieurs déclinaisons de la pauvreté et surtout, à quel point les clichés continuaient à perpétuer la pauvreté. Plusieurs variables entrent en jeu, plusieurs acteurs entrent en jeu aussi.

Pour ma part : la pauvreté existe, les clichés vont toujours exister. Ce sur quoi il faut se concentrer sont les solutions, tout en informant les populations sur la pauvreté.

Là encore, il n’y pas de solutions miracles et toutes les options sont à considérer pour permettre aux personnes (ou aux pays) de s’en sortir.Les solutions les plus effectives contre la pauvreté sont celles qui sont faites au niveau local. Quand les idées viennent des personnes qui souffrent, elles ne peuvent que fonctionner.

C’est dans cela que j’aimerai voir l’Aide internationale se diriger : supporter la lutte contre la pauvreté tout en permettant l’empowerment.Pour les pays du Sud, le réel problème est d’aller vers développement pour que la pauvreté ne soit pas un cercle vicieux. Cela passe par la justice, la paix et l’éducation.

En regardant certains chiffres, comme les recettes des opérations illégales sur Internet, je me demande vraiment où est la faille. En effet, une infime partie de ces recettes pourrait en finir avec la faim dans le monde ou encore permettre l’éducation pour tous.
La première arme pour combattre la pauvreté est l’éducation et l’information (la vraie information, et non pas le harcèlement émotionnel), car comme dit le slogan de la campagne de Centreaide : « en dessous, on est tous pareils ».

Ce blog m’a aidée à mieux saisir l’enjeu de nos études, mais aussi comme le dit Julianne à changer mon regard.
Étant étudiants en action humanitaire et développement on peut affirmer qu’on est tous responsables, et on peut faire la différence. Combattre la pauvreté comporte ainsi deux volets, l’humanitaire, pour aider ceux qui n’arrivent pas à s’aider et ensuite les accompagner dans le développement afin qu’ils puissent s’aider tous seuls. Et, ce partout, ce ne sera pas facile, mais on peut toujours apporter notre pierre à l’édifice.

Je suis tout de même optimiste, et croit fermement qu’avec du temps et des moyens tous autant que nous sommes pouvons combattre toutes les pauvretés.

Khadidjatou

La pauvreté : c’est l’affaire de tous

À l’image de mes collègues, ses discussions sur la pauvreté m’ont permis de voir ce terme ou cet « état » différemment. La pauvreté est partout, mais se définit différemment selon non seulement les endroits, mais aussi selon les peuples et les individus. Certaines manifestations de la pauvreté sont considérées par le grand public comme étant volontaires et pouvant être surmontées en y mettant un peu d’efforts. Cependant on s’aperçoit, suite à plusieurs conversations sur ce blogue, que la pauvreté est rarement un choix et ressemble plus à une fatalité. Cependant les clichés continuent à se véhiculer et bien souvent cette image faussée se transmet aussi par l’aide qui est mis en place dans le but de contrer la pauvreté.

Je crois qu’il nous faut assumer que la pauvreté est partout bien qu’elle ne peut se définir selon une même définition ou un simple seuil à travers le monde. La pauvreté est la manifestation d’inégalités sociales et de problème économique d’une société. Elle est donc l’affaire d’une société : l’affaire de tous.

Vivant dans un des quartiers les plus défavorisés de la ville de Québec et côtoyant la pauvreté chaque jour on m’a appris à ignorer la pauvreté et passer outre. Cependant, ce blogue m’a permis de mettre en évidence la nécessité de cesser d’ignorer ce phénomène, car il fait partie de notre société et est causé par cette même société.

Je terminerai en citant un proverbe bulgare, qui selon moi représente bien la réalité de la pauvreté : « L’économie est mère de la pauvreté ». Il y aura donc toujours de la pauvreté sous toute forme, c’est à nous, en tant que société, de la traiter différemment et de cesser d’entourer ce terme de honte.

Samia

Les institutions

Pour abonder dans le sens de mes collègues, le phénomène de la pauvreté est très complexe et les clichés sur la pauvreté tendent à les présenter comme entièrement responsables de leur misère soi disant qu’il leur manque les valeurs qui leur permettraient de s’en sortir.

C’est pourtant oublier que les pauvres sont plutôt des victimes des déviances de la société comme la corruption, l’exclusion sociale, parfois même des facteurs culturels et des traditions ancestrales comme le système des castes en Inde, sont en grande partie responsables de la persistance et de la généralisation de la pauvreté.

“Dans les pays les plus pauvres, la corruption peut être une question de vie ou de mort, lorsque, par exemple, elle touche aux ressources destinées aux hôpitaux ou aux réseaux de distribution d’eau potable,” déclare Huguette Labelle, Présidente de Transparency International. “

Dans certains pays, la corruption est un phénomène de société qui influence les pratiques et se confond carrément avec elles. Comme souligné précédemment, la corruption et la pauvreté sont deux âmes sœurs, la corruption aggrave l’état de pauvreté et l’extrême pauvreté amène certaines personnes à recourir à la corruption pour pouvoir survivre ou accéder aux services essentiels qui leur sont déniés autrement.

Stanislas

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