La colonisation avec ses bienfaits

«C’est la faute à la colonisation»

L’Europe, ancien continent colonisateur, a souvent été réprimandée par les défendeurs de la justice. Elle est perçue comme un acteur ravageur, qui a créé un clivage social et économique entre les pays. Maintenant les pays en développement (PED) croulent sous le poids de la discrimination et de l’inégalité.

Cela peut paraître surprenant, mais l’impérialisme, soit la «[T]endance à constituer un empire; tendance d’un État à mettre d’autres États sous sa dépendance politique, économique, culturelle; doctrine correspondante»[i], derrière ses effets dévastateurs a aussi laissé des héritages positifs pour les pays en développement. Nous savons que la colonisation des PED coïncide avec la période de l’industrialisation de l’Europe. Le besoin prioritaire en matières premières influa alors sur les politiques des pays occidentaux qui virent en la colonisation, un mode d’expansion qui permette de répondre à la situation[ii]. Les puissances européennes avaient alors un manque important de main-d’oeuvre qu’ils réussirent à combler en obtenant des parcelles territoriales où la démographie abondait et était peu coûteuse. De plus, la révolution industrielle avait constamment besoin de ressources premières ainsi que de nouveaux consommateurs alors que les marchés des biens manufacturés européens commençaient à saturer. L’objectif d’une croissance économique est donc au coeur de la stratégie de colonisation.[iii]

Il y a eut essentiellement deux types d’impérialisme: l’association, une «politique qui respecte les coutumes locales et qui dirige les colonies avec les indigènes»  et  l’assimilation,qui «vise [plutôt à] conduire les indigènes, à adopter la langue, la culture et les valeurs de la métropole pour qu’ils obtiennent l’égalité juridique avec les citoyens de la métropole».[iv] Certains pays européens ont eût tendance à miser sur le développement, que ce soit en infrastructures ou sur le plan social : instruction, commerce intérieur, amélioration de l’agriculture. La colonisation a permis de développer plusieurs infrastructures telles que des ports maritimes, des chemins de fer ou des ponts. Ils ont certainement bâti pour servir leurs propres intérêts.

Un acquis important de la colonisation se trouve au plan culturel. Les pays issus de la colonisation ont hérité d’une langue seconde qui peut leur servir à l’international ainsi que de l’acquisition d’un savoir-faire dans le domaine entrepreneurial et administratif. Bien que la colonisation ait amené énormément de morts avec les guerres aux populations autochtones et l’esclavage, dans sa deuxième période, la colonisation a amené l’amélioration des conditions de vie, notamment dans le domaine médical, avec la baisse du taux de mortalité infantile et l’augmentation de la longévité des populations résultant de l’implantation de centres médicaux et dispensaires. Bien entendu, il s’agissait à l’époque avant tout de répondre aux besoins des pays expansionnistes qui ont assujetti ces peuples. Par contre,  on peut facilement dénombrer les actions du passé qui sont aujourd’hui un mode de vie fort reconnu utile.  Un petit cas concret de la rentabilité de la colonisation.

« La colonisation française a apporté cinq mille kilomètres de route goudronnés, dix-huit mille kilomètres de voies ferrées, soixante-trois ports équipés, cent quatre-vingt-seize aérodromes, deux mille dispensaires modernes, six cents centres de maternités, deux cent vingt hôpitaux où les médicaments sont gratuits. En 1960, trois millions huit cent mille enfants des colonies africaines sont scolarisés, seize mille écoles primaires et trois cent cinquante écoles secondaires sont en fonction. » [v]

Les ravages de la colonisation et surtout de la décolonisation ne sont désormais plus contestés en ce qui a trait aux méthodes discutables, et des répercussions ô combien néfastes sur le plan culturel, social et parfois même sur l’économie! Néanmoins, parfois il faut considérer les retombées sur un long terme pour en voir les améliorations qui désormais permettent aux PED d’avoir une certaine condition de vie.

Ce n’est pas une apologie de la colonisation, loin de là, c’est plus dans la volonté de souligner des points, et voir que l’on se doit d’avancer et de changer le présent et le futur, car le passé s’en est allé.


[i] « Définition d’impérialisme », Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, disponible en ligne à l’adresse suivante ; http://www.cnrtl.fr/definition/impérialisme (dernière consultation le 8 mars 2012)

[ii] « Afrique; les voies de la prospérité, Dix clés pour sortir de la pauvreté », Eugène Nyambal, ,  l’Harmattan, 2008

[iii] « La colonisation européenne », Hachette-éducation, disponible en ligne à l’adresse suivante; http://medias.hachette-education.com/media/contenuNumerique/029/1958426688.pdf (dernière consultation le 8 mars 2012)

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